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lavoixdelaphilosophienaturelle
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délires/humour noir/ camisole/dérision/ satire/idéologie/religion/ amateurisme
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08.11.2006
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Théorie des jeux

Posté le 27.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
La théorie des jeux constitue une approche mathématique de problèmes de stratégie tels qu’on en trouve en recherche opérationnelle et en économie. Elle étudie les situations où les choix de deux protagonistes - ou davantage - ont des conséquences pour l’un comme pour l’autre. Le jeu peut être à somme nulle (ce qui est gagné par l’un est perdu par l’autre, et réciproquement) ou, plus souvent, à somme non-nulle. Un exemple de jeu à somme nulle est celui de la mourre, ou celui du pierre-feuille-ciseaux.

Sommaire
1 Historique
1.1 Trois grandes étapes
1.2 Détails
2 Grandes lignes
3 Types de jeux
3.1 Jeux coopératifs et compétitions
3.1.1 Théorie de la négociation
3.1.2 « Coopétition »
3.2 Jeux de stratégie à somme nulle et non nulle
3.3 Jeu synchrone ou asynchrone
3.3.1 Jeux répétés
3.4 Information complète, information parfaite
3.5 Jeux déterminés
4 Représentations des jeux
4.1 Forme extensive
4.2 Forme normale
4.2.1 Définition
4.2.2 Représentation tabulaire
5 Résolution d’un jeu à somme nulle
5.1 Raisonnements intuitifs
5.2 La notion de stratégie et d’équilibre mixte
5.2.1 Introduction de probabilités
5.2.2 Point-selle
6 Applications
7 Gains et aversion au risque
8 Jeux de chiffres
9 Voir aussi
10 Liens extérieurs et références en anglais



Historique

Trois grandes étapes
La théorie des jeux initiale, de John von Neumann et Oskar Morgenstern, utilisait des cas de choix qui restaient les mêmes au cours du temps, et qui étaient à somme nulle.
Les jeux à somme non-nulle furent étudiés ensuite, et utilisés dans la théorie de la négociation. On découvrit que leur étude permettait d’aborder de façon quantitative des questions jusque là restées d’ordre philosophique, comme la morale.
On s’intéressa ensuite aux jeux où le choix se posait en termes différents à chaque étape, que l’on nomma un temps théorie des jeux combinatoires. Celle-ci est plutôt aujourd’hui, pour des raisons de commodité et de communauté de concepts, considérée comme une branche soit de la théorie des graphes, soit de ce qu’on nomme l’intelligence artificielle.

Détails
Bien qu’ayant fait l’objet de résultats assez anciens, à partir des travaux de Blaise Pascal sur la question des parties qui a donné une première intuition des probabilités et de l’espérance mathématique, et de son étonnant pari. La théorie des jeux n’est devenue une branche importante des mathématiques qu’à partir des années 1940, et plus spécialement après la publication en 1944 de la Théorie des jeux et du comportement économique (Theory of Games and Economic Behavior) par John von Neumann et Oskar Morgenstern. Cet ouvrage fondateur détaillait la méthode vue plus haut de résolution des jeux à somme nulle.

La théorie rencontra lors de sa présentation une vive opposition de la part des états-majors : si ceux-ci acceptaient volontiers l’usage de tirages au hasard dans les jeux de Kriegspiel des écoles militaires, l’idée de remettre au sort, au nom des stratégies mixtes le fait d’escorter réellement ou non tel ou tel convoi n’enthousiasmait guère ceux qui, issus du terrain et sachant ce qu’étaient des pertes humaines, jugeaient le procédé pour le moins cavalier.

Vers 1950, John Nash a été le premier à présenter une définition d’une stratégie optimale pour un jeu à plusieurs joueurs, dite équilibre de Nash. Ce résultat tardif génial a été raffiné par Reinhard Selten ; cela leur a valu le "prix Nobel d'économie" en 1994 pour leurs travaux sur la théorie des jeux, avec John Harsanyi qui avait travaillé sur les jeux en information incomplète.

L’association entre jeu et nombre par Conway a été établie dans les années 1970.


Grandes lignes
La théorie des jeux étudie les comportements - prévus, réels, ou tels que justifiés a posteriori - d’individus face à des situations d’antagonisme, et cherche à mettre en évidence des stratégies optimales. Des situations apparemment très différentes peuvent parfois être représentées avec des structures d’incitation comparables, et constituant autant d’exemple d’un même jeu.

La théorie des jeux non coopératifs s’applique à des situations où des joueurs jouent sciemment alors qu’ils ont des buts au moins partiellement antagonistes (elle ne s’applique donc pas aux situations de pleine coopération, mais à la compétition ou à sa variante plus fréquente que l’on nomme la coopétition). Elle ne concerne pas les situations de jeu contre une nature dépourvue de buts, ne dressant pas de plans, situations où il y aurait donc en fait qu’un seul joueur.


Types de jeux
La théorie des jeux classifie les jeux en catégories en fonction de leurs approches de résolution. Les catégories les plus ordinaires sont :


Jeux coopératifs et compétitions
Les jeux coopératifs sont les jeux dans lesquels on cherche la meilleure situation pour les joueurs sur des critères tels que la justice. On considère qu'ensuite les joueurs vont jouer ce qui aura été choisi, il s'agit d'une approche normative. Par exemple, à un croisement, chacun des deux automobilistes a la possibilité de passer ou non. Le code de la route impose sa stratégie à chacun des joueurs par une signalisation. Ces jeux font l'objet d'une faible littérature étant donné leur relative simplicité.

Article détaillé : Jeu coopératif.

Théorie de la négociation
La théorie moderne de la négociation est articulée sur le fait qu’une négociation constitue un jeu à somme non-nulle. L’art de la négociation consiste donc moins à faire céder l’interlocuteur sur la ligne principale d’opposition (un prix, par exemple) qu’à trouver des arrangements extérieurs à cette ligne qui apporteront beaucoup à l’un sans coûter trop cher à l’autre (stratégies dites Gagnant-gagnant ou win-win).

Depuis longtemps, tout cela était utilisé dans les négociations :

« Je ne peux accepter ce coût FOB, mais puis le considérer en CIF. »
«Si je vous en prends deux, m’accordez-vous 5% de remise ?»
«Je vous en offre tant, mais il faut vous décider tout de suite.»
voire entre particuliers :

«Je veux bien te le laisser à ce prix-là, mais tu offres le café» !

« Coopétition »
La coopétition est la collaboration des services de recherche et développement des firmes qui se livrent par ailleurs une guerre féroce en matière commerciale.


Jeux de stratégie à somme nulle et non nulle
Les jeux à somme nulle sont tous les jeux où la somme "algébrique" des gains des joueurs est constante. Ce que gagne l’un est nécessairement perdu par un autre, l'enjeu est la répartition du total fixé, qu'on peut supposer réparti à l'avance, ce qui ramène au cas où les gains sont vraiment nuls (d'où la dénomination). Les échecs ou le poker sont des jeux à somme nulle car les gains de l’un sont très exactement les pertes de l’autre.
Les situations d’affaires, la vie politique ou le dilemme du prisonnier sont des jeux à somme non-nulle car certaines issues sont globalement plus profitables pour tous, ou plus dommageables pour tous. On a commencé historiquement par étudier les jeux à somme nulle, plus simples. Au-delà de la matière-énergie avec la loi de la conservation de la somme algébrique nulle, le jeu à somme non-nulle est concevable, dans lequel le gain de l'un peut profiter à l'autre. Tel est le cas avec l'information, la communication et l'apprentissage où l'information est une des trois composantes fondamentales avec la matière et l'énergie. L'exemple illustratif le plus simple est l'information génétique de l'ADN transcrite sur l'ARN pour être "lue", "traduite" et organiser la matière et l'énergie biologiques. En sciences sociales, l'économie politique asiatique propose cette somme non-nulle avec l'idéologie d'une "harmonie industrielle", au Japon moderne, dans la coaltion tripartite Capital-Travail-Gouvernement. Dans le commerce international, l'exemple illustratif de ce jeu à somme non-nulle est la compétition coopérative des "tigres" d'Asie orientale où le gain de l'un profite à l'autre à partir du miracle japonais des années 50-60 qui a ouvert les portes aux bébés tigres de Corée, Hongkong, Singapour, Taiwan et le Viêt Nam émergent, dans une coévolution technico-commerciale.
En écologie, la coévolution est un autre exemple, dans la nature, de la somme non-nulle où le changement de l'un facilite et fait la promotion du changement de l'autre.

On pourrait croire qu'il suffirait pour ramener un jeu à somme non-nulle à un jeu à somme nulle d'y ajouter un joueur simplet, le « tableau », sorte de non-player character qui compenserait les pertes nettes des joueurs. Ce n’est pas le cas : un joueur est censé défendre rationnellement ses intérêts dans la mesure de ses possibilités; cet ajout formel, introduisant une dissymétrie entre les « vrais » joueurs et le « tableau », complique l'analyse et celle-ci y perd plus qu’elle n’y gagne.


Jeu synchrone ou asynchrone
Dans un jeu synchrone, les joueurs décident de leur coup simultanément, sans savoir ce que les autres jouent. Dans un jeu asynchrone (ou alternatif, à deux joueurs), ils jouent les uns après les autres, en disposant à chaque fois de l’information sur le coup de l’adversaire.


Jeux répétés
La répétition d’un jeu, avec connaissance des résultats intermédiaires, change souvent fondamentalement son déroulement (les meilleurs coups et la conclusion).

Par exemple, il peut être utile de prendre ponctuellement le risque de perdre « pour voir », tester les autres joueurs, et mettre en place des stratégies de communication par les coups joués (à défaut d’autre moyen de communication).

Il se développe également des phénomènes de réputation qui vont influencer les choix stratégiques des autres joueurs. Dans le dilemme du prisonnier, le fait de savoir qu’on va jouer plusieurs fois avec un dur qui n’avoue jamais mais se venge cruellement, ou avec un lâche qui avoue toujours, change radicalement la stratégie optimale.

Enfin, curieusement, le fait que le nombre total de parties soit connu à l’avance ou non peut avoir des effet importants sur le résultat, l’ignorance du nombre de coups rapprochant du jeu avec un nombre infini de coup, alors que sa connaissance rapproche au contraire du jeu à un seul coup (et ce, aussi grand que soit le nombre de coups !)


Information complète, information parfaite
On dit qu'un jeu est à information complète si chaque joueur connaît lors de la prise de décision :

ses possibilités d'action
les possibilités d'action des autres joueurs
les gains résultants de ces actions
les motivations des autres joueurs
Par ailleurs on parle de jeu à information parfaite dans le cas de jeu à mécanisme séquentiel, où chaque joueur a connaissance en détail de toutes les actions effectuées avant son choix.

Les échecs sont à information complète et parfaite. Du fait de l'incertitude sur les gains (cartes de l'adversaire cachées), le poker est à information incomplète. La phase d'enchères vérifie les propriétés d'information parfaite, mais en assimilant le tirage des cartes à l'action d'un joueur fictif (souvent appelé Nature), la théorie des jeux exclut en général le poker des jeux à information parfaite.

Les situations réelles sont rarement en information complète, et ce cas ne sert souvent qu’aux approximations confiantes.

Les jeux en information incomplete sont des situations stratégiques où l'une des conditions n'est pas vérifiée. Ce peut être par l'intervention du hasard au cours du jeu (cas fréquent dans les jeux de société), ou parce qu'une des motivations d'un acteur est cachée (domaine important pour l'application de la théorie des jeux à l'économie).

Les jeux en information à la fois imparfaite et incomplète sont de loin les plus complexes. Dans ces jeux certains joueurs peuvent disposer d'informations propres sur la manière dont le hasard va intervenir dans l'issue du jeu (une meilleure connaissance des probabilités d'occurrence de tel ou tel évènement qui va affecter le cours du jeu, par exemple). Les jeux de guerre (war games) relèvent typiquement de cette catégorie, l'aléa sur la réussite d'un engagement entre corps de troupes dépendant d'informations non partagées par les adversaires sur les rapports de force entre ces troupes.

Pour être complet, il convient aussi de distinguer les jeux à mémoire parfaite et à mémoire imparfaite. Les jeux à mémoire "parfaite" sont des situations où chaque joueur peut se rappeler à tout moment de la suite de coups qui ont été joués précédemment, au besoin en notant au fur et à mesure les coups joués. Les jeux à mémoire "imparfaite" supposent une sorte d'amnésie de la part des joueurs. Les jeux de guerre sont des exemples de jeux à mémoire imparfaite si les commandements de zones opérationnelles ne parviennent pas à communiquer entre eux ou avec l'État-Major et donc n'ont pas trace des mouvements déjà effectués par les troupes amies lorsqu'elles doivent décider de leurs propres mouvements. Un jeu typique est le 21 ou blackjack : la convention selon laquelle la suite de paquets de cartes n’est pas battue entre deux jeux peut donner un léger avantage au joueur dès lors que celui-ci prend en compte cette information partielle.


Jeux déterminés
Les jeux de Nim forment un cas particulier de jeu à somme nulle, sans intervention du hasard et dans la plupart des cas à nombre de situations finies. Dans leur cas particulier, la théorie des graphes fournit un outil plus utile que la théorie des jeux à proprement parler. La notion de noyau du jeu (ensemble des nœuds depuis lesquels la victoire est assurée si l’on y parvient en cours de jeu et qu’on joue de façon optimale ensuite) y est caractérisée.


Représentations des jeux

Forme extensive
Dans tous les jeux, les décisions peuvent être représentés par un arbre, dont chaque nœud est associé au joueur qui décide. Chaque option constitue une branche. Les gains de tous sont associés aux terminaisons, lorsqu’il est possible de les représenter (fins de partie). Un joueur n’a toutefois pas besoin de savoir comment il est parvenu à un nœud : seul compte l' état présent du jeu, et les positions recherchées dans le futur. Lorsque certains mouvements ne sont autorisés qu’après un événement donné, cet événement n’est qu’un des éléments à matérialiser dans l’état présent du jeu plutôt que dans une historique.

Une fome extensive est un arbre de décision décrivant les actions possibles des joueurs à chaque étape du jeu, la séquence de tours de jeu des joueurs ainsi que l'information dont ils disposent à chaque étape pour prendre leur décision. Cette information est représentée sous forme d'ensembles d'information. Les ensembles d'information forment une partition des nœuds de l'arbre, chaque ensemble correspondant à l'ensemble des nœuds non distinguables par le joueur à une étape du jeu. Si ces ensembles sont des singletons, c’est-à-dire qu'ils ne contiennent qu'un seul nœud de l'arbre du jeu, le jeu est en information parfaite : chaque joueur peut savoir à tout moment où il se situe dans l'arbre du jeu. Dans le cas contraire, le jeu est à information imparfaite. L'information incomplète est représentée sous la forme d'un joueur non stratégique : la "Nature", joueur qui prend aléatoirement certaines décisions à telle ou telle étape du jeu, orientant la suite du jeu vers un certain sous-arbre de l'arbre du jeu.


Forme normale

Définition
Article principal : Jeu sous forme normale

Un jeu sous forme normale est la donnée de l'ensemble des joueurs, de l'ensemble des stratégies pour chaque joueur et des paiements associés à toute combinaison possible de stratégies.


Représentation tabulaire
Si le jeu ne comporte que deux joueurs et un nombre raisonnablement restreint de stratégies possibles, on peut représenter le jeu sous la forme d'un tableau nommé matrice des paiements.

Il s'agit d'un tableau à double-entrée qui énumère sur chaque côté les stratégies possibles des joueurs respectifs. Dans la case à la croisée de deux stratégies, on note le couple de gains des deux joueurs. C’est ce qu’on nomme (par convention) la matrice des paiements.

Si le jeu est à somme nulle et à deux joueurs, alors on peut ne noter que les gains du premier joueur : ceux du second sont directement opposés. Le tableau de gains se ramène alors à une matrice.

On peut, avec un nombre réduit de stratégies, tenter de représenter avec une matrice un jeu à trois ou quatre joueurs, mais cela pose souvent plus de problèmes d’interprétation et de lecture que ça n’apporte de réponses.


Résolution d’un jeu à somme nulle
12 (A) (B) (C)
(a) 30 -10 20
(b) 10 20 -20

Les deux joueurs décident simultanément de leur stratégie.


Raisonnements intuitifs
Le joueur (1) a le choix entre (a) et (b). Il peut se dire : « La stratégie (b) peut me faire perdre 20, et au plus gagner 20. En revanche, avec la stratégie (a) je peux gagner jusqu’à 30, et au pire perdre 10. » Ce type de réflexion correspond aux stratégies « Maxi-Max » (maximiser le gain possible sans considération pour les pertes possibles) et « Maxi-Min » (maximiser le pire résultat possible), qui en l’occurrence donne le même choix : l’option a.

De même, le joueur (2), touchant l’opposé des valeurs du tableau, qui réfléchirait de même verrait que Maxi-Min élimine (A) à cause de la perte maximum de 30, mais ne permet pas de trancher entre (B) et (C), où la perte maximum est de 20. Et que Maxi-Max classe les trois options par ordre croissant : A (meilleur résultat possible : -10) B (+10), C (+20). Cela le pousserait à choisir (C).

Le résultat serait alors a-C : le joueur (2) perd 20 au profit de (1).

Mais le joueur (2) peut aussi essayer d’anticiper le choix de (1). Il voit ainsi que si (1) joue le maximin, lui-même a intérêt à choisir (B), ce qui lui permet de gagner 10.

Et si à son tour le joueur 1 anticipe cette déviation et préfère faire (b) pour alors toucher 20 ? Alors (2) devrait à nouveau choisir (C) : nous voilà revenu au point de départ !


La notion de stratégie et d’équilibre mixte
Aucune réponse ne s’impose. Comment s’en sortir ?

Une première réponse possible est de jouer au hasard, avec une probabilité égale pour tous les coups possibles, sans se préoccuper des gains. Cela n’apparaît pas optimum, il y a certainement mieux à faire.

Une seconde stratégie est de tenter d’attribuer a priori une probabilité aux actions de l’adversaire, et d’opter pour la meilleure réponse adaptée. Ainsi, si (2) attribue une probabilité 50/50 aux options de (1), il doit jouer aussi à 50/50 (B) et (C). Mais l’adversaire n’est pas un dé qui se comporte au hasard : lui aussi va anticiper. Si c’est (1) qui réfléchit, il voit bien qu’il est absurde de supposer que (2) va jouer (A) dans un tiers des cas. Là encore il y a certainement mieux à faire.


Introduction de probabilités
John von Neumann est parvenu à sortir de cet imbroglio à l’aide des probabilités. Au lieu de décider fermement d’une action, chaque joueur va agir de façon probabiliste, chaque coup étant choisi par hasard avec un processus aléatoire (par exemple un jeu de dès, ou une table de valeurs aléatoires). Il est clair que l’adversaire ne peut pas deviner notre comportement si nous ne le connaissons pas d’avance nous-mêmes !

Reste à déterminer quelle répartition de probabilité va donner le meilleur résultat : c’est idéalement celle qui maximisera le gain espéré indépendamment de la stratégie de l’adversaire. Cela revient à se ramener à un problème de programmation linéaire, où les inconnues sont les probabilités Pi à donner à chaque option Oi, avec une unique solution pour chaque joueur dans tous les jeux à deux joueurs et à somme nulle.

Dans le cas ci-dessus, le joueur 1 hésitera entre (a) et (b) en choisissant (a) dans 4 cas sur 7 soit 57 % des cas. Le joueur (2) n’optera jamais pour (A), mais oscillera entre (B) et (C) en choisissant (B) dans 4 cas sur 7, soit 57 % des cas. Le joueur 1 pourra espérer un gain moyen à chaque partie de 20/7, soit 2,85.

Ces calculs résultent de la résolution du système linéaire en introduisant le Lagrangien.


Point-selle
Il est remarquable que ce choix stratégique reste le meilleur même si l’adversaire en a connaissance.

On est ainsi amené à introduire le concept intéressant, dans les stratégies mixtes, de point-selle : il s’agit du choix de probabilité optimal pour les deux joueurs : celui qui s’en écarte se pénalise du même coup (même si cette stratégie lui est défavorable, car les autres le seront encore plus). Le thème avait été entrevu par Auguste Detoeuf : Si vous n’avez qu’un risque sur mille d’être convaincu de mensonge, ne mentez pas plus d’une fois sur mille, car cette fois-là annulera à elle seule toutes les autres où vous avez dit la vérité. Detoeuf, industriel responsable, évite sciemment de préciser qu’il y aura parfois même avantage à mentir effectivement une fois sur mille plutôt que dire toujours la vérité.

Les stratégies mixtes sont empiriquement bien connues des diplomates et des joueurs de poker, qui savent les bénéfices potentiels obtenus en cachant leurs plans, même quand il y en a un qui semble évident. Cette idée frappera Philip K. Dick qui lui consacrera son roman Loterie solaire.


Applications
La théorie des jeux s'applique à certaines situations du domaine de l'économie, celles où existent un nombre réduit de compétiteurs (oligopoles). Elle cherche les stratégies rationnelles dans des situations où les gains d’un acteur dépendent non seulement de son comportement et des conditions de marché, mais aussi de celui des autres intervenants, lesquels peuvent poursuivre des objectifs différents ou contradictoires. On lui trouve aussi des applications en sciences politiques ou en stratégie militaire.

Les résultats peuvent être appliqués à des divertissements (comme le jeu télévisé « Friend or Foe » sur une chaîne câblée spécialisée aux États-Unis, Game Show Network) ou à des considérations plus poignantes :

la crise des missiles de Cuba ;
les politiques de constitution de convois de bateaux en temps de guerre ;
la façon de gérer un coup de surprise politique (Nasser à Suez, de Gaulle au Québec, Ieltsine lors du putsch, annonces électorales...) ou marketing ;
la lutte contre le terrorisme.
Le Professeur Thomas Schelling, "prix Nobel d'économie" 2005, s'est spécialisé dans l'explication des diverses stratégies utilisées (à utiliser) dans les conflits internationaux, tels la guerre froide et la guerre nucléaire (dissuasion..)

Albert W. Tucker a par exemple diffusé de nombreuses interprétations du dilemme du prisonnier dans la vie courante. Des biologistes ont utilisé la théorie des jeux pour comprendre et prévoir les résultats de l’évolution, en particulier la notion d’équilibre évolutivement stable introduit par John Maynard Smith dans son essais La théorie des jeux et l’évolution de la lutte (Game Theory and the Evolution of Fighting). Voir aussi son livre Evolution and the Theory of Games.

Il est à remarquer qu’en théorie de l’évolution, l’adversaire principal d’un individu n’est pas vraiment l’ensemble de ses prédateurs, mais l'ensemble des autres individus de son espèce et des autres espèces apparentées. Comme le fait remarquer Richard Dawkins, un brontosaure n'a pas besoin, pour survivre, de courir plus vite que le tyrannosaure qui le poursuit (ce qui lui serait impossible), mais simplement plus vite que le plus lent de ses congénères. Des phénomènes semblables se produisent en économie. Tout cela rejoint des considérations psychologiques : la conflictualité est plus liée à la ressemblance qu'à la différence.

Les probabilités fournissent à la théorie des jeux un outil conceptuel. Les statistiques peuvent l’alimenter en données, et les techniques d’optimisation lui fournir des résultats de calcul.


Gains et aversion au risque
Dans l’exemple en stratégie mixte défini plus haut, les participants au jeu ont été considérés comme neutres au risque. Cela signifie qu’ils considèrent qu’avoir une chance sur deux d’obtenir 20 et une chance sur deux de ne rien avoir est équivalent à obtenir 10.

Cependant, la plupart des personnes sont averses au risque, et préfèrent les issues les plus sûres -- et n’accepteraient un risque supplémentaire que contre une espérance de gain plus important.

Un exemple de cette aversion au risque peut être remarqué au cours de jeux télévisés. Si, par exemple, on propose aux candidats soit une chance sur trois d’avoir 50 000 € soit 10 000 € à coup sûr, beaucoup préféreront la garantie de changer leur ordinaire. Le revenu supplémentaire espéré qui est exigé pour compenser l’aversion au risque est appelé, en finance, la prime de risque. La souscription de polices d’assurance (là où ce n’est pas obligatoire) se justifie également par aversion au risque.

Il est donc rationnel de construire une mesure de l’utilité subjective

qui soit une fonction du gain et du risque,
qui satisfasse toujours le critère de neutralité au risque,
et qui corresponde donc à un tableau de gains en stratégie mixte.
Plus généralement, l’utilité tient compte du fait que les grosses variations sont plus significatives que les petites (on achète volontiers un billet de loterie ou de Loto, dont le prix très faible correspond à une perte négligeable, tandis que le gain serait significatif), et que la signification d’une variation décroît (il y a plus de différence d’utilité entre un gain de 1 000 et un gain de 1 001 000, qu’entre un gain de 1 001 000 et un gain de 2 001 000, même si la différence est de 1 million à chaque fois ; une chance sur cent de gagner un million est généralement préférée à une chance sur mille de gagner 10 millions, malgré l’espérance égale).

Inversement, il peut exister un désir d’acheter du risque ou de la peur : qu’il s’agisse d’un billet de loterie ou d’un film d’épouvante, l’excitation correspondant à une valeur en elle-même.

Bref, le fait d’acheter un billet de loterie ou de Loto, ou de jouer dans un casino, est motivé par deux composantes :

la sécrétion d’adrénaline (comme lorsqu’on va voir un film d’action ou qu’on pratique un sport à risque)
la différence qualitative entre :
une perte probable qui passera inaperçue,
un gain certes peu probable, mais qui procurera s’il se produit un changement qualititatif. Ce point a été défendu devant l’Académie des sciences par Émile Borel (en réaction contre une tendance de son époque à ne considérer que l’espérance mathématique comme fonction d’utilité) et est en général admis depuis lors compte-tenu de sa meilleure explication des comportements liés au jeu et à la souscription de polices d’assurance.

Jeux de chiffres
John Conway a mis en place une notation pour certains jeux et défini des opérations sur ces jeux, dans l’espoir d’étudier le jeu de go. À partir d’associations surprenantes d’idées, il a isolé une sous-classe avec des propriétés numériques, et a abouti à définir la classe très générale des nombres surréels. Cela dit, en dépit de ces progrès annoncés, aucun programme informatique n’arrive à jouer actuellement (2006) au go avec des performances de joueur international.


Voir aussi
Jeu mathématique
Intelligence artificielle
Paradoxe de Newcomb
Classification des jeux
Théorie combinatoire des jeux.



--

La Mythomanie

Posté le 27.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
En psychologie, la mythomanie est une tendance au mensonge pouvant aller jusqu'à altérer durablement la vie sociale. Il a été observé que le mythomane ment souvent parce qu'il craint la réaction (de dévalorisation, par exemple) qu'entraînerait l'aveu de la réalité.

Cette pathologie entraîne un handicap social important dans les cas où le malade procède à des altérations mineures et crédibles de la réalité. L'aveu étant souvent ou presque toujours accompagné de réactions négatives de l'entourage, la mythomanie tend à s'auto-entretenir.

Contrairement au menteur, le mythomane n'est pas totalement conscient de son mensonge (Tartarin « ne ment pas; il se trompe », écrit Daudet). Il ne distingue pas clairement la réalité des événements issus de son imagination (voir l'article Pensée magique). Le phénomène est cependant normal dans la phase préadolescente : le jeune enfant se raconte comme étant vraies des histoires imaginaires. Ces mensonges ne sont pas intentionnels : l'enfant croit dans une certaine mesure à ce qu'il raconte. C'est là une étape normale et généralisée de l'enfance. Quand cette tendance persiste après la fin de l'adolescence, elle est considérée par notre société comme un trouble du comportement, tandis que d'autres sociétés l'acceptent (voir Chamanisme). Elle est alors qualifiée de mythomanie et peut, non traitée, annoncer un désordre psychiatrique plus grave : névrose ou même psychose.




Sommaire
1 Psychiatrie
1.1 Causes
1.2 Traitement
2 Quelques cas de mythomanie célèbres
2.1 Littérature
2.2 Société
2.3 Cas personnels
3 Voir aussi
4 Liens externes



Psychiatrie
La mythomanie est considérée comme une organisation névrotique ou prénévrotique de la personnalité. Elle fut souvent qualifiée au XIXe siècle d'hystérique. Elle peut également être présente lors de troubles psychotiques.


Causes
Le recours fréquent, voire permanent, aux mensonges constitue pour le mythomane un moyen de fuir une réalité dont l'acceptation le ferait souffrir. Il élude ainsi cette réalité douloureuse. Le décès d'un proche, l'annonce d'une maladie incurable, une séparation douloureuse, un grave échec scolaire, sentimental ou professionnel, voire un avortement, bref, tout choc émotionnel important peut favoriser une fuite dans une « nouvelle réalité » plus supportable. D'autres formes de fuite se réalisent par la prise d'alcool, de comportements à risque, ou enfin plus banalement d'antidépresseurs.

On considère dans la culture occidentale cette altération de la vérité comme traduisant au moins un manque de confiance en soi, quand ce n'est pas de maturité affective (résistance à la frustration, par exemple)


Traitement
L'analyse psychiatrique, par le biais de différentes techniques d'anamnèse, peut aider le mythomane à retrouver les causes profondes, enfouies dans l'inconscient, de son trouble. Il est alors mieux armé pour en guérir, s'il le souhaite.


Quelques cas de mythomanie célèbres

Littérature
Don Quichotte, archétype de l'idéaliste créé par Cervantès
Tartarin de Tarascon, héros d'Alphonse Daudet ;
Nelly, marquise de Fontranges dans le roman de Jean Giraudoux La Menteuse.
Faux-jour, d'Henri Troyat, vie et décadence d'un entrepreneur mythomane.
Les Miroirs truqués, roman de Françoise Dorin consacré à la mythomanie. Il est à noter que dans ce roman, la victime de mythomanie se donne la mort une fois confrontée à la réalité de son comportement. Le risque est réel lorsque cette mythomanie aide à supporter une vie décevante. Le message de Françoise Dorin est que ce n'est pas impunément qu'on prive autrui de sa part de rêve. L'auteur n'en milite pas moins pour que chacun en assume le risque, allume sa chandelle dans la terminologie du narrateur.
Dans un registre plus léger, La vie secrète de Walter Mitty (nouvelle et film) donne une excellente et souriante vision de mythomanie légère chez un individu présenté par le narrateur comme fort sympathique.
L'adversaire d'Emmanuel Carrère

Société
Des créateurs de religions ou de sectes, voire des chefs d'entreprise célèbres (Thomas J. Watson Sr, Francis Bouygues, Steve Jobs), ont su créer une sorte de mystique pour galvaniser leurs adeptes ou leurs employés. Bien qu'il soit excessif de parler en un tel cas de mythomanie pathologique, la culture d'entreprise qu'ils ont su créer n'en flirte pas moins avec ce concept. « IBM n'est pas une simple entreprise. IBM est une institution qui sera éternelle et dont vous faites partie », répétait invariablement Watson.
Le nazisme a été considéré par Wilhelm Reich comme un exemple typique de mythomanie collective.
De façon plus générale, quelques agnostiques comme Daniel Dennett ou Richard Dawkins assimilent les religions à des formes de mythomanie. Il appartient cependant à chacun d'estimer en son âme et conscience ce qui lui paraît justifié ou injuste dans ce point de vue. Dennett s'oppose en particulier à son ami Dawkins en ce qui concerne l'intérêt de militer pour réduire le rôle des religions. Pour lui, celui-ci « sous-estime gravement le désarroi que cela créerait dans la population, et dont les conséquences seraient probablement imprévisibles » (source : BBC : The Atheism Tapes).

Cas personnels
Jean-Claude Romand a pendant près de 20 ans raconté à sa famille et ses proches qu'il travaillait comme médecin à l'OMS, alors qu'en réalité il n'avait pas même passé son examen de seconde année de médecine. Alors que sa femme commençait à découvrir la supercherie, il l'assassina avec ses enfants et ses parents, seule façon apparemment pour lui de sortir de cette impasse. Cette histoire vraie a été reprise par L'Adversaire, un roman d'Emmanuel Carrère puis par un film de Nicole Garcia avec Daniel Auteuil dans le rôle principal ;
Frédéric Bourdin a été arrêté en 2005 dans un collège de Pau. Il se faisait passer pour un adolescent de 14 ans, élève en 4e. Il avait alors 31 ans. Il avait déjà été poursuivi dans d'autres pays (condamné à 6 ans de prison aux États Unis, entre autres) pour des faits similaires.
Marginalement : le 9 juillet 2004, une jeune femme (Marie L.) a déclaré s'être fait agresser avec son bébé dans le RER D, ligne de réseau ferré parisien, entre Louvres et Sarcelles (Val-d'Oise) par six jeunes gens. L'affaire fit la une des journaux dans un contexte de racisme/anti-racisme, et plusieurs personnalités politiques s'exprimèrent sur le sujet. La police découvrit dès la semaine suivante qu'il s'agissait d'une invention accompagnée d'auto-mutilations.
Plusieurs femmes affirmant avoir été victimes d'abductions par des OVNI affirmèrent qu'on leur avait dans l'engin pris le bébé qu'elles attendaient. Vérification effectuée, ces femmes n'étaient nullement enceintes au moment allégué des faits.
Myriam Badaoui : célèbre accusatrice dans l'Affaire d'Outreau a déclaré le 18 novembre que les six appelants « n'avaient strictement rien fait » et qu'elle avait menti.

Voir aussi
Mensonge

Le trouble bipolaire

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Autrefois appelé maniaco-dépression, le trouble bipolaire fait partie des troubles de l'humeur, auxquels appartient également la dépression récurrente (ou trouble unipolaire).

En général, c'est une maladie qui comporte deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive. Lors de l'accès maniaque, la personne est hyperactive. Elle peut engager des dépenses inconsidérées, avoir des propos et des attitudes farfelus, et présenter d'autres troubles comportementaux. Lors de l'épisode dépressif, la personne au contraire, présente des signes de très grande dépression. Entre ces deux phases, la personne retrouve un état normal. Le danger de cette maladie est le risque de suicide.

Les classifications officielles DSM-IV et CIM 10 distinguent trois types de trouble bipolaire :

le trouble bipolaire 1 (alternance de périodes de manies, de dépressions majeures voire de troubles mixtes mêlant manie et dépression et d'intervalles libres),
le trouble bipolaire 2 (alternance de périodes d'exaltation modérée appelée hypomanie, de dépressions majeures et d'intervalles libres)
et la cyclothymie (alternance de périodes à symptômes hypomaniaques et de périodes à symptômes dépressifs). Certains auteurs (Klerman, Akiskal) ont identifié d'autres types à partir de la notion de spectre bipolaire.
Sommaire
1 Diagnostic
2 Prévalence
3 Étiologie
3.1 Références
4 Traitement
5 Évolution du trouble bipolaire
5.1 Références
6 Comorbidité
7 Vécu des bipolaires
7.1 Références
8 Mortalité
8.1 Liens externes
8.2 Bibliographie



Diagnostic
En France, le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué. Il faut en moyenne 10 à 12 ans et quatre à cinq médecins différents avant que le mal ne soit nommé. De même, on estime que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s'ignorent. La recherche de périodes d'exaltation est un bon moyen pour établir le diagnostic ; mais il n'est pas toujours évident pour le patient de comprendre que les périodes où il se sentait particulièrement bien ont la même origine que les périodes où il se sentait mal. Ce diagnostic peut être confirmé par le fait que les dépressions des bipolaires sont souvent dites atypiques (en lieu et place de l'insomnie, par exemple, le dépressif « atypique » est atteint de la maladie de trouble bipolaire.


Prévalence
TB 1 : 1 %.
TB 2 : 0,5 à 2,5 %
Cyclothymie : 2 à 3 %.
Selon les auteurs, le trouble bipolaire a une prévalence de 2 à 8 % de la population.


Étiologie
La dimension génétique complexe du trouble est clairement établie. Elle offrirait une fragilité particulière du sujet au stress, lequel est amené en réaction à développer ou non le trouble. Il y a ainsi souvent un ou des facteurs environnants déclenchant le trouble ; puis, peu à peu, les cycles tendent à devenir autonomes.

Le principal facteur de risque est le risque génétique avec un risque relatif de développer un trouble bipolaire de l’humeur multiplié par 14 chez les sujets ayant un parent du premier degré atteint d’un trouble bipolaire. Les études génétiques de liaison permettent d’identifier les régions chromosomiques porteuses des gènes probablement impliqués dans cette maladie, en particulier les régions 13q31 et 22q12. L’autre facteur de risque clairement identifié est d’être orphelin de mère avant l’âge de cinq ans. Chez un patient bipolaire sur deux est retrouvé la notion d’abus sexuel et/ou physique dans l’enfance. Les études longitudinales montrent qu’avant le déclenchement de la maladie, il existe des déficits cognitifs localisés, touchant notamment la fonction visuospatiale. Ces déficits cognitifs renvoient probablement à des anomalies neurodéveloppementales en rapport avec les facteurs de risque génétiques. Les études de neuroimagerie fonctionnelle montrent des dysfonctions lors de l’exécution de taches cognitives touchant notamment le circuit fronto-striatal. Il existe certainement un dysfonctionnement neuronal ainsi qu’une perte de neurones dans l’hippocampe des patients souffrant de troubles bipolaires. Ainsi, une étude en spectroscopie protonique par IRM a montré que la concentration en N-acétyl aspartate, un acide aminé présent normalement dans l’hippocampe, est diminué chez les patients souffrant de troubles bipolaires et s’aggrave avec l’ancienneté du trouble. D’autres anomalies sont retrouvées, en particulier au niveau de la partie antérieure du gyrus cingulaire où il existe un dysfonctionnement dans la régulation des neurones glutamaergiques. Il existe par ailleurs des anomalies morphologiques, notamment du cervelet, retrouvées chez les patients bipolaires ayant fait plusieurs épisodes de trouble de l’humeur. Ainsi, l’étude de Mills et col. (Mills, 2005), compare, le volume du cervelet chez des patients bipolaires après un épisode et après plusieurs épisodes de la maladie en IRM et montre que celui-ci est plus petit chez les patients ayant fait plusieurs épisodes. De même, un élargissement ventriculaire est retrouvé chez les patients ayant fait plusieurs épisodes maniaques.





Références
James B. Potash, Peter P. Zandi, Virginia L. Willour, Tsuo-Hung Lan, Yuqing Huo, Dimitrios Avramopoulos, Yin Y. Shugart, Dean F. MacKinnon, Sylvia G. Simpson, Francis J. McMahon, J. Raymond DePaulo, Jr., and Melvin G. McInnis. Suggestive Linkage to Chromosomal Regions 13q31 and 22q12 in Families With Psychotic Bipolar Disorder. Am J Psychiatry, Apr 2003; 160: 680 - 686.
Preben Bo Mortensen, C. B. Pedersen, M. Melbye, O. Mors, and H. Ewald. Individual and Familial Risk Factors for Bipolar Affective Disorders in Denmark. Arch Gen Psychiatry, Dec 2003; 60: 1209 - 1215.
JESSICA L. GARNO, JOSEPH F. GOLDBERG, PAUL MICHAEL RAMIREZ, and BARRY A. RITZLER Impact of childhood abuse on the clinical course of bipolar disorder. Br. J. Psychiatry, Feb 2005; 186: 121 - 125.
Jari Tiihonen, Jari Haukka, Markus Henriksson, Mary Cannon, Tuula Kieseppä, Ilmo Laaksonen, Juhani Sinivuo, and Jouko Lönnqvist. Premorbid Intellectual Functioning in Bipolar Disorder and Schizophrenia: Results From a Cohort Study of Male Conscripts. Am J Psychiatry, Oct 2005; 162: 1904 - 1910.
Hilary P. Blumberg, Andrés Martin, Joan Kaufman, Hoi-Chung Leung, Pawel Skudlarski, Cheryl Lacadie, Robert K. Fulbright, John C. Gore, Dennis S. Charney, John H. Krystal, and Bradley S. Peterson. Frontostriatal Abnormalities in Adolescents With Bipolar Disorder: Preliminary Observations From Functional MRI. Am J Psychiatry, Jul 2003; 160: 1345 - 1347.
Raymond F. Deicken, Mary P. Pegues, Susan Anzalone, Robert Feiwell, and Brian Soher. Lower Concentration of Hippocampal N-Acetylaspartate in Familial Bipolar I Disorder. Am J Psychiatry, May 2003; 160: 873 - 882.
Tsung-Ung W. Woo, John P. Walsh, and Francine M. Benes. Density of Glutamic Acid Decarboxylase 67 Messenger RNA–Containing Neurons That Express the N-Methyl-D-Aspartate Receptor Subunit NR2A in the Anterior Cingulate Cortex in Schizophrenia and Bipolar Disorder. Arch Gen Psychiatry, Jul 2004; 61: 649 - 657.
Neil P. Mills, Melissa P. DelBello, Caleb M. Adler, and Stephen M. Strakowski. MRI Analysis of Cerebellar Vermal Abnormalities in Bipolar Disorder. Am J Psychiatry, Aug 2005; 162: 1530 - 1533.
Stephen M. Strakowski, Melissa P. DelBello, Molly E. Zimmerman, Glen E. Getz, Neil P. Mills, Jennifer Ret, Paula Shear, and Caleb M. Adler. Ventricular and Periventricular Structural Volumes in First- Versus Multiple-Episode Bipolar Disorder. Am J Psychiatry, Nov 2002; 159: 1841 - 1847.
Simona Noaghiul and Joseph R. Hibbeln. Cross-National Comparisons of Seafood Consumption and Rates of Bipolar Disorders. Am J Psychiatry, Dec 2003; 160: 2222 - 2227.

Traitement
Le traitement de base est constitué d'un ou plusieurs thymorégulateurs : sels de lithium, anticonvulsivants, lamotrigine qui varient selon les types. Les antidépresseurs devraient être prescrits ponctuellement (risque de virage maniaque ou de réaction anxieuse), les neuroleptiques de même pour la manie (risque de virage dépressif) : cela n'est malheureusement pas encore l'habitude en France. Les thérapies dites de soutien, psychoéducative, interpersonnelles, voire TCC aident. Il n'y a généralement pas de guérison et le traitement est le plus souvent à vie.

La psychanalyse n'est pas indiquée au cours d'un épisode dépressif ou maniaque, mais peut être intéressante chez certains sujets entre les épisodes.

A l'heure actuelle, dans certains cas de bipolarité, on fait effectivement appel à la lamotrigine qui est aussi un anti-épileptique tandis que l'intérêt pour de faibles doses d'aripiprazole donne souvent de très bons résultats : les dernières études aux États-Unis indiquent une amélioration de la formulation sanguine des patients (glycémie/cholestérol) http://www.hospitalpharma.com/pressreleases/pressrel.asp?ROW_ID=1246

Référence : Troubles bipolaires : pratiques, recherches et perspectives ouvrage collectif dir : M.LEBOYER 2005
Avec pour la place de la psychanalyse l'article suivant :
Place des traitements psychanalytiques dans les troubles dépressifs D.WIDLOCHER


Évolution du trouble bipolaire
En règle générale :

la cyclicité tend à s’aggraver au cours du temps avec apparition de cycles courts. La cyclicité rapide est associée avec un âge de début précoce, l’association avec un trouble anxieux, un abus de substances, des antécédents de tentatives de suicide, l’utilisation des antidépresseurs et un antécédent familial de cycleur rapide. (on parle de trouble bipolaire à cycle rapide quand il y a plus de 4 épisodes maniaques et/ou dépressifs durant au moins deux semaines par an) Les cycles rapides sont particulièrement associés avec le trouble panique et les antécédents familiaux de trouble panique.
la nature des épisodes se modifie avec mélange de symptômes maniaques et dépressifs : on parle alors d’épisodes mixtes,
l’humeur moyenne tend à devenir de plus en plus dépressive et le patient présentera de moins en moins d’épisodes maniaques,
on note avec l’évolution une diminution des capacités cognitives.
Cette évolution plutôt péjorative peut être enrayée par un traitement adapté instauré le plus précocement possible.


Références
Dean F. MacKinnon, Peter P. Zandi, Elliot Gershon, John I. Nurnberger, Jr, Theodore Reich, and J. Raymond DePaulo. Rapid Switching of Mood in Families With Multiple Cases of Bipolar Disorder. Arch Gen Psychiatry, Sep 2003; 60: 921 - 928.
Dean F. MacKinnon, Peter P. Zandi, Elliot S. Gershon, John I. Nurnberger, Jr., and J. Raymond DePaulo, Jr. Association of Rapid Mood Switching With Panic Disorder and Familial Panic Risk in Familial Bipolar Disorder Am J Psychiatry, Sep 2003; 160: 1696 - 1698.

Comorbidité
Le diagnostic et le traitement précoces du trouble bipolaire permettent d'éviter les troubles qui lui sont souvent associés, on parle alors de troubles comorbides ou de comorbidité.

Elle est importante et doit être prise en compte au même titre que le trouble bipolaire. Elle concerne essentiellement :

le trouble obsessionnel présent chez 1/3 des patients souffrant de troubles bipolaires,
le syndrome d’abus d’alcool, également fréquent, retrouvé surtout dans les phases dépressives. Une étude récente estime ce risque à 30% pour les femmes et 50% pour les hommes souffrant de trouble bipolaire. Comme le syndrome d’abus/dépendance à l’alcool est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, le fait d’être bipolaire, multiplie par 7,5 le risque pour une femme d’avoir un diagnostic d’abus/dépendance à l’alcool pour seulement un facteur multiplicatif de 2,75 pour les hommes. Il est utile de rappeler que devant tout alcoolisme, il faut chercher un trouble bipolaire et ce, surtout chez les femmes.
les troubles anxieux et en particulier le trouble panique (20% dans l’étude ECA) : la prévalence sur la vie entière des troubles anxieux est d’environ un patient bipolaire sur deux. Ils sont en particulier associés avec un jeune âge de début, une plus forte tendance à faire des tentatives de suicide.
La comorbidité associée aux troubles schizoaffectifs comprend souvent les troubles métaboliques regroupés sous le terme de syndrome métabolique ou syndrome X.


Vécu des bipolaires
De fréquents autres troubles surviennent en même temps que le trouble bipolaire (comorbidité) : Agoraphobie, claustrophobie, symptômes maniaques en même temps que des symptômes dépressifs états mixtes, angoisses et anxiété, consommation d'alcool et de cannabis. On constate aussi souvent une inadaptation des traitements par surdosage des neuroleptiques, antidépresseurs, absence de thymorégulateur ou prescription de médicaments incompatibles. Le refus du traitement ou son observance irrégulière est aussi une dérive très fréquente, encouragée par la nostalgie des phases de (hypo)manie.

Les personnes ayant subi plusieurs cycles de la maladie restent hypersensibles et voient leur seuil de déclenchement du trouble abaissé (théorie du "kindling"). Une stricte hygiène de vie est recommandée.


Références
Chritian Gay (sous la direction), Numéro du 15 mars 2005 "Troubles bipolaires de l'humeur" de la Revue du Praticien.
Mark A. Frye, Lori L. Altshuler, Susan L. McElroy, Trisha Suppes, Paul E. Keck, Kirk Denicoff, Willem A. Nolen, Ralph Kupka, Gabriele S. Leverich, Chad Pollio, Heinz Grunze, Jorge Walden, and Robert M. Post. Gender Differences in Prevalence, Risk, and Clinical Correlates of Alcoholism Comorbidity in Bipolar Disorder. Am J Psychiatry, May 2003; 160: 883 - 889.
YW Chen and SC Dilsaver. Comorbidity of panic disorder in bipolar illness: evidence from the Epidemiologic Catchment Area Survey. Am J Psychiatry, Feb 1995; 152: 280 - 282.
Naomi M. Simon, Michael W. Otto, Stephen R. Wisniewski, Mark Fossey, Kemal Sagduyu, Ellen Frank, Gary S. Sachs, Andrew A. Nierenberg, Michael E. Thase, Mark H. Pollack for the STEP-BD Investigators. Anxiety Disorder Comorbidity in Bipolar Disorder Patients: Data From the First 500 Participants in the Systematic Treatment Enhancement Program for Bipolar Disorder (STEP-BD). Am J Psychiatry, Dec 2004; 161: 2222 - 2229.
Pour une initiation:

Sami Paul Tawil, le Miroir de Janus, Pocket, 2002.
Jamison Redfield, Confession d'une psychiatre maniaco-dépressive, 2003 (version française)
Édouard Zarifian, la Force de guérir, Odile Jacob, 2001.
Michel Rochet. Ces hauts et ces bas qui perturbent notre vie. Chiron. 2002
Christian Gay, Jean-Alain Genermont. Vivre avec des hauts et des bas. Hachette 2002, J'ai Lu 2004

Mortalité
On estime que 20 % des TB I ET TB II décèdent par suicide. Les chiffres concernant la cyclothymie ne sont pas connus. Du fait des addictions diverses et des troubles du comportement, il semble qu'une personne bipolaire non traitée ait en moyenne une espérance de vie inférieure de 20 ans à l'espérance de vie présente dans la population en générale.

Le trouble bipolaire est essentiellement un trouble de fluctuation de l'humeur, caractérisé le plus souvent par la dépression. Les personnes bipolaires peuvent abuser de substances, mais autrement elles ne montrent pas typiquement la variété des différents symptômes.

Les cycles dans le trouble bipolaire sont théoriquement d'assez longue durée.

Le bipolaire a de longues périodes de rémission durant lesquelles il va bien.

Les phases du cycle du bipolaire ne dépendent pas de facteurs externes.


Liens externes
http://www.kb.u-psud.fr/kb/niveau2/enseignements/niveau3/etudmed/cours-psyd3/resumchap08.html Cours de DCEM3 (Kremlin-Bicêtre) sur les syndromes maniaques
http://www.kb.u-psud.fr/kb/niveau2/enseignements/niveau3/etudmed/cours-psyd3/resumchap07.html Cours de DCEM3 (Kremlin-Bicêtre) sur les syndromes dépressifs
http://www.psychguides.com/gl-treatment_of_bp2000.html Sachs GS, Printz DJ, Kahn DA, Carpenter D, Docherty JP. The Expert Consensus Guideline Series: Medication Treatment of Bipolar Disorder 2000. A Postgraduate Medicine Special Report. April 2000. The McGraw-Hill Companies, Inc
«ATB», association pour les personnes atteintes de troubles bipolaires ou de dépressions
Fédération Européenne des Associations de Familles de Malades Psychiques
Polycopié de Manzanera, Lafay et Papet sur les troubles de l'humeur pour l'examen classant national français
Senon, Troubles de l’humeur et psychose maniaco-dépressive
Trouble de l’humeur. Psychose maniaco-dépressive, par G. Fouldrin, F.J. Baylé, R. Dardennes, F. Thibaut

Bibliographie
Maniaco-dépressif. L'Histoire de Pierre, de Marie-Christine Hardy-Baylé et Patrick Hardy, Odile Jacob, 1996
De l'exaltation à la dépression, de Kay Redfield Jamison, Robert Laffont, ISBN 2221099303
Un rayon de lumière : L'histoire de Nick Traina, mon fils, de Danielle Steel, 1998





Manie

La manie (du grec ancien μανία maníā « folie, démence, état de fureur ») est une maladie mentale. Elle appartient comme la dépression aux troubles de l’humeur. Elle constitue une des phases du trouble bipolaire.

Il ne faut pas confondre l’état maniaque avec des traits obsessionnels (obsession du ménage et de la propreté par exemple), acception pourtant retenue dans le langage courant.


Symptômes et signes
Un épisode maniaque est caractérisé par une modification de l’humeur, et la survenue de certains symptômes tels ceux décrits ici. Bien évidemment, tous les symptômes ne sont pas présents à la fois chez une même personne.

Beaucoup d’aspects permettent de considérer la manie comme le « contraire d’une dépression », dans le sens d’une “accélération”, une intensification des pensées, des émotions (tout est plus fort, plus vif, plus intense, y compris la douleur morale ou la tristesse parfois, ce qui amène à des confusions diagnostiques).

Des symptômes typiques sont par exemple :

une excitation, une exaltation, ressenti de « pressions intérieures » ;
une humeur “élevée” : euphorique classiquement, mais aussi une irritabilité, une plus grande réactivité (« au quart de tour »), une propension à se mettre en colère ;
de l’activité sans repos, de l’agitation improductive. La personne commence plusieurs choses et ne les termine pas, par exemple ;
une diminution de la pudeur, une « perte de gêne » allant parfois jusqu’à des attitudes de séduction et des contacts sexuels à l’excès ou au hasard (alors que dans son état “normal”, la personne n’aurait pas souhaité avoir ce genre de comportement) ;
une accélération de la pensée : incessamment de nouvelles pensées traversent la tête de la personne :
difficultés de concentration : difficultés à se tenir à une même activité, distractibilité,
troubles du cours de la pensée : en parlant de quelque chose, la personne s’écarte encore et encore du fil de sa pensée (digressions multiples) et elle a du mal à retrouver le sujet initial dont elle voulait parler,
la fuite d’idées : les pensées se suivent extrêmement rapidement (tachypsychie), se bousculent parfois dans la tête. La personne passe du centième au millième. Les associations d’idées se relâchent. La suite des pensées reste logique pour la personne, mais pour son interlocuteur, il est parfois difficile de suivre le fil du discours (« coq à l’âne »). La personne qui souffre de manie, ayant oublié le but de son récit, n’est plus forcément capable de répondre à des questions ultérieures ;
un besoin important de parler (logorrhée), et une parole abondante, accélérée, inarrêtable. Il s’agit du reflet de l’accélération des pensées. Dans les cas extrêmes, les paroles se précipitent si rapidement que l’auditeur a des difficultés à suivre ;
une assurance excessive ;
une réduction du besoin de dormir, sans que la personne ne se sente aussi fatiguée qu’elle le devrait en dormant si peu. La réduction du sommeil est souvent un des premiers signes d’un épisode maniaque ;
sentiment altruiste : envie d’aider les autres, ressenti des émotions des autres (hyperempathie) ;
hypersensibilité affective (émotions plus vives) et quelquefois sensorielle ;
labilité émotionnelle : le fait de passer facilement du rire aux larmes ;
parfois la négligence de l’alimentation ou de l’hygiène.

Le maniaque
Dessin de Charles Bell (1806).Lors d’une manie, dans un délire de grandeur, le malade peut s’engager dans des affaires menant à des conséquences très désagréables pour les personnes concernées et pour ses proches, par exemple quand il s’endette pour acheter un foyer pour animaux ou quand il engage un orchestre, qu’il souscrit un crédit qu’il ne pourra honorer par exemple.

L’image complète d’une manie, chez le même patient, peut différer de cas en cas et souvent d’épisode en épisode. Le malade prend conscience de la souffrance de ses proches et des conséquences sociales seulement quand la manie diminue. Des sentiments graves de honte par la suite ne sont pas rares. Les amis et la famille n’arrivent pas à empêcher le malade d’agir. Un maniaque ne se laisse ni freiner ni donner des leçons.

La plupart de ces comportements sont étrangers au caractère du malade qui, pendant une phase maniaque, ne réalise pas qu’il est malade se sentant « parfaitement bien », le plus souvent (ce qui rend le traitement difficile).


Bibliographie
Cléopâtre Athanassiou-Popesco, La défense maniaque, Ed. Presses universitaires de France, 1996, ISBN 2130473423.

Traitements
Le traitement de la phase maniaque fait appel à des médicaments appelés thymorégulateurs (régulateurs de l’humeur) (exemple, le lithium), mais aussi à des médicaments utiles pour enrayer l’épisode même : benzodiazépines, neuroleptiques, etc.

Le traitement préventif est essentiel pour éviter les rechutes :

médicaments thymorégulateurs sur une durée prolongée
associés à une hygiène de vie :
apprendre à repérer ses facteurs déclenchants (par exemple une privation de sommeil non compensée, un deuil, ...) et se protéger en conséquence
savoir quels signes annoncent un nouvel épisode pour se soigner très vite dès le début (plus on intervient tôt, plus il est facile de faire rentrer les choses dans l’ordre).

Le Samouraï Zen

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner le bouddhisme Zen aux jeunes.

Malgré son âge, on murmurait qu'il était encore capable d'affronter n'importe quel adversaire.

Un jour arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation : il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et doué d'une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l'éclair.
Ce jeune et impatient guerrier n'avait jamais perdu un combat.
Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire.

Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi.

Il se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître.

Il lui lança des pierres, lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues - y compris à ses ancêtres.
Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer, mais le vieux resta impassible. A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l'impétueux guerrier se retira.

Dépités d'avoir vu le Maître accepter autant d'insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître :
- Comment avez-vous pu supporter une telle indignité ?
Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d'exhiber votre lâcheté devant nous tous ?

- Si quelqu'un vous tend un cadeau et que vous ne l'acceptez pas, à qui appartient le cadeau ? demanda la samouraï.

- A celui qui a essayé de le donner, répondit un des disciples.

- Cela vaut aussi pour l'envie, la rage et les insultes, dit le Maître. Lorsqu'elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui le porte dans son coeur.

Serrer les dents...

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Je me souviens, il y a au moins une dizaine d'années,je me suis retrouvé seul en plein hivers au milieu d'une ville étrangére que je ne connaissais pas...Il ne faisait pas chaud, je n'avais qu'une petite chemise comme tout vétement,c'était la nuit,parfois j'entendais au loin des sirénes de la police de ce pays...Je croisais même ces voitures avec les girophares allumés, je marchais,j'avais faim,j'avais soif,j'avais froid,j'avais l'esprit vidé et pourtant,je continuais à marcher comme investi d'une mission divine me refusant tout retour en arriére,j'étais complétement perdu dans cette grande ville;il faut dire que cette grande ville était suffisament grande pour avoir acueilli quelques années auparavant les jeux olympiques d'été avec comme vedette la fameuse "dream team" américaine...L'ouverture de ces J.O avait été grandiose (comme d'habitude pour des J.O); cette ville qui est probablement le poumon économique de son pays posséde aussi un trés fameux port trés dynamique...Aprés avoir abandonné la voiture que j'avais sur le bord de mer,aprés avoir jeté tout mes papiers d'identité,aprés avoir jeté mes deux gros sacs de vétements,aprés avoir jeté tout mon argent français,aprés avoir abandonné tout mon passé dans mon pays qui était la france, je me suis mis à marcher dans cette ville...croisant parfois des chats à l'affut de gros rats,remarquant des graffittis sur les murs trés engagés politiquement...je marchais,je marchais et,je serrais les dents car,je pensais que mon destin allait ce jouer en quelques heures...Mon corps était raidi,je me tenais le plus droit possible et,je serrais les dents en me disant qu'il me faudrait tenir,tenir et encore tenir...Quelque soit la situation qui allait se présenter à moi, il me faudrait l'accepter, on ne refuse pas son destin...le destin nous choisi...Serrer les dents,tenir, tenir et tenir et tenir encore; refuser la facilté de l'abandon à moins que l'abandon soit la seule destiné possible...
Que c'est-il passé aprés que j'ai marché et serré les dents?!Dieu seul le sait s'il existe vraiment...Le froid et la faim ainsi que la douleur n'ont pas eu raison de moi, par chance j'ai su m'adapter et apprendre à survivre à cette situation dans une ville et une région dont je ne parlais pas la langue mais,dont certain habitants sont trés sympatiques...
Il parait que les "hommes" aiment s'appitoyer sur leur sort;je dois faire partie de ceux là!

Le scoutisme

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Extrait de la préface de Baden-Powell pour sa 14éme édition anglaise



Des enthousiastes ont dit que le scoutisme était une révolution pédagogique.Ce n'est pas celà.
Ce n'est qu'une suggestion lancée en faveur d'une jolie manière de se recréer en plein air,qui s'est trouvée aussi un auxiliaire efficace de l'éducation.
On peut prendre le scoutisme comme un complément à la formation que donne l'école,complément propre à combler certaines lacunes inévitables du programme scolaire ordinaire.En un mot,c'est une école de civisme par le moyen de la nature.
Les points sur lesquels il insiste pour combler ces lacunes,c'est l'accroissement de la valeur de l'individu par le developpement du caractère,de la santé et de l'habileté manuelle,et le civisme,par l'emploi des ces capacités individuelles dans le service d'autrui.
Ces principes sont appliqués à tous les degrés d'un entraînement progressif pour les louveteaux,les éclaireurs et les rovers.Ils se developpent surtout,par une vie de campeurs et d'hommes des bois que les instructeurs apprécient autant que les garçons.En fait,les instructeurs peuvent vraiment être appelés des guides et des frères aînés;ils participent au plaisir des plus jeunes et ceux-ci s'élèvent eux-mêmes.
C'est pour celà peut-être qu'on a appelé le scoutisme une révolution en éducation.
Il est vrai pourtant qu'il vise autre chose que ce que permet une formation scolaire habituelle.Il vise à enseigner aux garçons à vivre,et non seulement à gagner leur vie.Inculquer à l'individu l'ambition de gagner des prix et des bourses,lui représenter comme le succès le fait de s'assurer un salaire,une position,une influence,il y a là un certain danger,à moins qu'on ne lui enseigne parallèlement à servir son prochain.
On inculque à toutes les couches de la société le souci de l'intérêt personnel;il n'y a rien d'étonnant à ce que notre pays soit divisé contre lui-même;à ce que chacun cherche son avantage et rivalise sans scrupule avec son voisin pour obtenir la haute main;à ce que les cliques et les partis politiques,les sectes religieuses et les classes sociales en fassent autant,au plus grand détriment des intérêts du pays et de l'unité nationale.
Le but de l'éducation scoute,c'est de remplacer les préoccupations du moi par celle du service,de rendre les jeunes gens vraiment forts,au moral comme au physique,et de leur donner l'mbition de mettre leurs forces au service de la communauté.
Je n'entends pas par là seulement les services de l'armée et de la marine.Nous n'avons pas dans notre mouvement de visées militaires.On n'y fait pas l'exercice.J'entends l'ideal de servir nos semblables.En d'autres termes,nous visons à mettre le christianisme en pratique dans la vie et les actes de chaque jour,et non seulement à en professer les doctrines le dimanche.
Le developpement remarquable du mouvement des éclaireurs dans les vingt et un ans de son existence a surpris ses promoteurs autant que ses amis du dehors.Parti en 1908,d'un petit camp,le mouvement s'est développé et étendu de lui-même sans aucun subside officiel...
Celà prouve deux choses:d'abord l'attrait que le scoutisme a pour les garçons;ensuite la somme de patriotisme inné qui se cache chez les hommes et les femmes de notre peuple,malgré une éducation faussement dirigée vers des buts égoïstes.Nous avons plus de 35000 animateurs bénévoles,venus de tous les rangs de la société,qui donnent leur temps et leurs forces,sans autre récompense que la satisfaction qu'ils y trouvent à aider les jeunes à devenir de bons citoyens.
L'enseignement se fait par l'exemple.Les garçons apprenent vite à servir quand ils ont sous les yeux cette démonstration pratique de service de la part de leurs instructeurs.Les résultats de cette éducation là ou elle a été placée en des mains compétentes,ont dépassé toute attente en faisant des citoyens sains,heureux et utiles.
Ces chefs se sont appliqués à aider non seulement des garçons brillants,plein de promesses,mais aussi,et très spécialement,des enfants moins intelligents.Nous voulons leur donner quelque chose de la joie de vivre et,en même temps,quelques-unes des qualités et quelques-uns des moyens qui sont le partage de leur frères plus favorisés,de façon qu'ils aient,eux aussi,au moins leur part équitable de chance dans la vie.
Les autres pays n'ont pas tardé à reconnaitre les avantages du scoutisme.Ils ont successivement adopté et développé la formation d'éclaireurs en suivant les lignes même que trace ce livre...
Notre vision n'est pas au-delà du possible,si des hommes et des femmes viennent prendre leur part de l'effort que demande le progrès de cette oeuvre.
La coopération de minuscules animaux marins a crée les iles de corail.Il n'est pas d'entreprise trop grande,pour la bonne volonté et la coopération.Chaque jour nous renvoyons des jeunes garçons qui voudraient s'affilier à nous parce que nous manquons d'hommes et de femmes pour les prendre en main.Il y a de vastes réserves de patriotisme loyal et d'esprit chrétien dans notre peuple qui restent endormies surtout parce qu'elles en voient pas d'occasion immédiate de s'exprimer.Voici,dans cette fraternité heureuse,une magnifique occasion qui s'offre à tous,de travailler joyeusement,de voir les fruits de son travail et de faire une oeuvre qui vaut la peine d'être faite puisqu'elle donne à tous une occasion de servir ses frères et Dieu.
Le vieux Socrate avait raison de le dire:"Nul homme ne poursuit un dessein plus divin que celui qui s'applique à bien élever non seulement ses enfants,mais les enfants des autres."

Lord Robert Baden-Powell (Pax Hill,Bentley,Hants 1929)

Le 666éme régiment de dragons de la mort

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Le 666éme régiment de dragons de la mort fut crée en 1679 sous le régne de Louis XIV pour combattre "l'hérésie" protestante...On ne connait que trés peu de choses sur ce trés obscur régiment qui étaient trés réputé pour ses "dragonnades" ultra violentes et meurtriéres envers les protestants...Ce régiment trés spécial opérait essentiellement dans le sud de la france dans la région des cévennes (là ou se trouvait la résistance protestante la plus farouche)...
"Un roi,une foi,une loi" telle était le mot d'ordre de l'état français de l'époque...
La guerre des Camisards (en réalité une guérilla), qui dura de 1702 à 1705, souleva certains protestants cévenols contre le gouvernement royal et catholique qui les persécutait. Quelques actions violentes sporadiques furent poursuivies jusque vers 1709.

Ce nom fut donné aux Protestants des Cévennes du Gard et de la Lozère qui prirent les armes quelques années après la révocation de l'édit de Nantes (1685), réclamant la liberté de conscience (il ne semble pas y avoir eu de raisons économiques ou fiscales à leur révolte). De simples artisans et paysans tinrent tête à deux maréchaux de France et mirent en échec pendant près de trois ans les troupes de Louis XIV venus les forcer à se convertir ou les exterminer. Troupes qui formaient pourtant une des meilleures armées d'Europe. Voilà qui fut incompréhensible pour le roi et les puissances étrangères.

La devise du 666éme régiment de dragons de la mort de sa majesté aurait pu étre "tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens"...

Mais voilà, ce mystérieux régiment n'a en fait jamais existé et c'est le pur produit de mon imagination...Par contre, les camisards protestants cévennols on bien existé et leurs descendants (ou du moins ceux qui s'en réclamment) habitent toujours dans le massif cévennol; certain de ces "résistants" furent déporté et utilisés comme galériens dans les trés spacieuses galéres de sa majesté (c'était en quelque sorte comme ce feuilleton "la croisière s'amuse" mais en plus kitsh!)...Certains de ces galériens pouvaient ainssi survivre plus de 20 ans dans ces vaisseaux...Les femmes protestantes étaient déportés à aigues morte dans la tour de constance...
Le brave Louis XIV n'a jamais pu mettre fin à la pratique du protestantisme dans cette région cevennole et, comme pour marquer l'histoire, la tradition...beaucoup de protestants huguennots du monde entier (issu de la diaspora) se retrouvent le premier week end de septembre au lieu dit du "musée du désert" dans le hameaux de Miallet (prés d'Anduze dans les cévennes;gard) pour une journée entiére remplie d'offices religieux...
Que dieu existe ou n'existe pas, c'est un autre débat mais, que des hommes parlent au nom de dieu et s'accaparent le droit de la "juste pensée" est une réalité bien triste même de nos jours...
Certain artistes trés connu et aussi des hononymes n'hésitent pas à afficher publiquement leur appartance au "mouvement protestant" en portant par exemple une croix huguennotte autour du cou mais, les premiers protestants tout comme les premiers chrétiens ont toujour pratiqué dans le secret leur doctrine sans avoir besoin de l'afficher aux yeux des autres...
On peut afficher ses convictions "philosophiques" mais pas les imposer aux autres...


"Le Roi est mort! Vive le Roi!"..."Respectons ceux qui nous respectent"...

Le Syndrome de Münchausen

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Bonjour, ici un copier-coller d'un court exposé de cette pathologie psychiatrique(merci wikipedia l'encyclopédie gratuite du net!):

Le syndrome de Münchausen est une pathologie psychiatrique également appelée pathomimie ou trouble factice, caractérisée par le besoin de simuler une maladie, sans recherche de profit direct (ce qui est différent de la simulation au cours de laquelle le patient cherche à obtenir un bénéfice ou un avantage du fait de ses troubles allégués).
Les patients atteints de ce syndrome présentent de multiples cicatrices d'opérations à la suite d'hospitalisations répétées pour des affections simulées. Ils sont volontiers querelleurs, voire agressifs, s'ils n'obtiennent pas l'attention souhaitée. Il est classé comme "trouble factice avec symptômes physiques".

Étymologie
Le nom dérive d'un baron de Münchhausen (Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen, 1720-1797), auquel sont attribués des exploits invraisemblables écrits par Rudolph Erich Raspe.
En 1951, Richard Asher fut le premier à décrire un schéma d'automutilation, où les patients s'inventaient des histoires de maladie. Se souvenant du baron de Münchausen, Asher a appelé cet état le syndrome de Münchausen.
Syndrome de Münchausen par procuration
Syndrome de Münchausen par procuration.
Appelé aussi syndrome de Meadow, le Syndrome de Münchausen par procuration décrit les patients amenant leurs enfants de façon répétitive aux urgences pédiatriques pour des symptômes qu'ils ont eux-mêmes provoqués. Il serait à l'origine de 8 à 20% des morts subites inexpliquées du nourrisson.
Le Syndrome de Münchausen par procuration est une forme grave de sévice à enfant au cours de laquelle l'adulte qui a en charge l'enfant provoque de manière délibérée chez lui des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d'un médecin.
Il fut découvert en 1977 par Sir Roy Meadow (St James University Hospital). Il est impossible de quantifier son importance réelle mais, aux États-Unis, 1000 cas annuels sont répertoriés grace à l'autopsie systématique des morts subites du nourrisson. Sir Roy Meadow estime avoir dû faire face à 400 cas.
En France, il n'existe pas de consensus sur la réalité de ce syndrome et bon nombre de pédiatres et de psychiatres ne peuvent imaginer des mères infligeant de telles souffrances à leur enfant et refusent d'admettre avoir été ainsi mystifiés. Il reste toutefois très difficile de faire la différence entre un enfant qui s'est étouffé tout seul sous sa couette de celui qui est mort parce qu'on a appuyé un oreiller sur son visage.
La vidéo surveillance reste le moyen diagnostic le plus rapide mais il est contraire au droit français, qui demande de prévenir les mères de l'existence du matériel de surveillance. Des réticences semblent retarder son utilisation.
Définitions
Ce syndrome se définit par l'association de quatre critères :
maladie de l'enfant produite ou simulée par l'un des parents
consultations médicales répétées pour obtenir la réalisation d'examens complémentaires et la prescription de traitements
les parents responsables affirment ne pas connaître la cause des symptômes
les symptômes régressent lorsque l'enfant est séparé du parent responsable.
Dans sa forme extrême ce syndrome peut conduire à des actes médicaux majeurs mettant le pronostic vital en jeu. En fait ce syndrome paraît être la forme extrême et pathologique du comportement parental analysé par Eminson et Postlethwaite en terme de désir de consultation médicale : le comportement parental normal est défini par un désir de consulter adapté à la situation clinique de l'enfant et en adéquation avec l'avis du médecin consulté. A l'excès de désir de consulter par les parents, ceux-ci inventent des symptômes ou génèrent une maladie chez l'enfant pour amener le médecin à prescrire examens et thérapeutiques.
Toutes les couches sociales sont concernées et dans 90% des cas il s'agit de la mère biologique. Un pourcentage important de ces femmes exercent une profession médicale ou paramédicale (médecin, infirmière, aide-soignant, assistante sociale, etc.) ou ont un lien avec ce milieu.
Elles présentent un comportement stéréotypé de " bonne mère particulièrement attentionnée à l'égard de son enfant et extrêmement présente lors des séjours hospitaliers de ce dernier ". Elles sont généralement moins inquiètes que l'équipe soignante et tiennent un discours de type médical, n'hésitant pas à suggérer des examens complémentaires invasifs ou des interventions chirurgicales. Ces femmes sont épanouies en milieu hospitalier par le fait qu'elles sont l'objet d'admiration de la part des médecins et des autres parents. 30 % d'entre elles souffrent d'un syndrome de Münchausen simple.
Manifestations cliniques
Toute pathologie récidivante, ayant nécessité de multiples hospitalisations, examens complémentaires négatifs ou traitements sans succès, peut être impliquée. La notion de frères ou sœurs soignés pour de nombreuses maladies rares et/ou de mort subite inexpliquée du nourrisson dans la fratrie sont très évocateurs. L'absence de symptomatologie lorsque l'enfant est séparé du parent est un élément majeur.
Les apnées (l'asphyxie est la première cause de décès)
Les empoisonnements : 2ème cause de décès et l'ipéca est le toxique le plus utilisé
Les saignements crées ou simulés avec du sang maternel
Les convulsions
Diarrhées, fièvres, éruptions cutanées
Le taux de mortalité présumé serait de 15 à 20 %
Étymologie

Originally, this term was used for all factitious disorders. Now, however, there is considered to be a wide range of factitious disorders, and the diagnosis of "Munchausen syndrome" is reserved for the most severe form, where the simulation of disease is the central activity of the sufferer's life.
In 1977, the English paediatrician Roy Meadow described a form of child abuse in which mothers deliberately induced or falsely reported illnesses in their children. He referred to this behaviour as Munchausen Syndrome by Proxy.

Voir aussi
Syndrome de Lasthénie de Ferjol
Mythomanie

England!Stand up!

Posté le 26.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Pourquoi "England!Stand up!" comme titre...Tout simplement parce que c'est plus exotique, si j'avais écris "France!Debout!" celà aurait fait ringard je trouve alors que là, ça fait "class"!...
En fait, j'ai écris celà parce que, je me souviens quand je m'étais mis une corde au cou il y a très longtemps pour mourir, je me suis dis tout simplement que je pouvais aller plus loin, que la vie pouvait encore me réserver de bonnes surprises, que je pouvais en tout cas faire mieux que de me pendre à 29 ans dans mon garage avec une corde qui pouvait supporter plus de 2 tonnes en charge! Il faut dire que la mort par pendaison est terrible, il faut environ 1/2 heure pour mourir, c'est dire que le supplice est long et qu'il faut y réfléchir à 2 fois quand l'on veut se pendre!...
La vraie question est "est ce que l'on peut faire mieux!?", comme disait le seul maitre d'arts martiaux que j'ai rencontré qui m'avait d'ailleur donné la grosse tête en me complimentant sur mes C.V...Mon prof actuel est 6éme dan et pourtant ce n'est pas un maitre! C'est dire comme ce "maitre" a un niveau élevé...Enfin, il a quand même plus de 80 ans...Je lui ai d'ailleur écris une lettre il y a plusieurs semaines dejà et, je n'ai toujours pas posté cette lettre (qui contient une envelloppe timbré à mon adresse pour la réponse), donc je n'ai pas posté cette lettre car comme j'explique à ce monsieur de plus de 80 ans; "cette lettre n'est que le fruit intempestif de mon égo survolté et donc cette lettre n'a finalement pas grande valeur", comme quand j'écris ces quelques billets sur mon blog...L'égo, toujours l'égo qui nous aveugle inlassablement...
Donc, j'explique (mes grosses théories à la con!) à ce maitre qui est le plus haut gradé de karaté hors japon que gagner en combat des adversaires n'a finalement pas grande valeur car on fini toujours par tomber sur plus fort que soi...tandis qu'engager le combat contre soi même et se vaincre, finalement celà a plus grande valeur...bon, j'expose aussi à ce maitre un tas de théories "à la con" que j'ai trouvé et basta...Donc, depuis, j'hésite bien sur de poster cette lettre craignant une réponse des plus "massacrantes"!...
Mais tant pis, c'est la régle du jeu, on apprend en faisant des erreurs, et ainsi de suite jusqu'à ce que mort s'en suive...La vie est ainsi faite, la vie est une suite d'échecs et de succés qui nous font soit avancer un peu plus soit régresser...Il vaut mieux choisir "la fuite en avant" que "la fuite en arriére", toujour aller de l'avant même si l'on a plus gout à rien car on a que d'autre choix que de vivre ou de mourir...Il vaut mieux dire d'une bouteille à moitié remplie, qu'elle est à moitié pleine plutot qu'à moitié vide car, même si physiquement c'est la même chose, mentalement et intellectuellement ce n'est pas la même chose...choisir constament la fuite en avant donc car, vivre est parfois plus dur que de mourir...
Voilà donc, quelques unes des conneries que j'expose à ce maître...

Je rappelle donc que dans mon blog, vous pourrez apprendre:
...comment empécher les gens de tourner en rond dans un rond point en mettant des sens interdits dans les 2 sens...Comment devenir polytechnicien et devenir con ensuite en faisant de la politique...Comment faire de la politque en mentant aux gens...Comment devenir président de la république au bout de 40 ans de vie politique(avec une préface de Jacques Chirac)....Comment provoquer un accident de voiture sans faire d'excés de vitesse ni étre bourré...Comment étre bourré en buvant plus de 2 litres de vodka...Comment devenir encore plus con quand on est dejà con...Comment guérir du SIDA grace à la double action de l'homéopathie et de la phitothérapie...Comment rentrer en communication télépathique avec les extra-terrestres...Comment ne pas avoir plein d'amis...Comment devenir SDF en moins d'une journée...Comment ne pas devenir milliardaire...Comment la gauche française est devenu marxiste tendance groucho,harpo,Zeppo et Cie...Comment se mettre un préservatif alors que l'on est tout seul...Comment faire des enfants alors que l'on veut un chat...Comment faire une transplantation cardiaque grace au magnétisme et à l'imposition des mains...Comment ne pas tourner dans un film X...Comment ne pas devenir une star du grand et du petit écran...Comment ne pas devenir gourou et président de la république française...Comment faire du vélo sans avoir besoin de bicyclette...Comment se suicider sans passer par la chirurgie esthétique...Comment chanter encore plus faux alors que l'on chante dejà faux...Comment faire la star academy tout en étant con (pardon c'est un pléonasme je crois!)...Comment devenir chomeur en un jour...Comment crever les 4 pneus de la voiture de son patron...Comment devenir communiste pour faire croire que l'on est un travailleur...Comment devenir néo-nazi sans étre raciste...Comment ne pas avoir d'enfant...Comment faire correctement le salut nazi devant la grande synagogue de paris à une heure de grande affluence sans se faire remarquer...Comment ne pas devenir aussi con que mon chat...Comment devenir un"raté"...Comment mourir sans avoir besoin de se suicider...Comment ma grand mére a battu mon grand pére dans un mémorable combat de catch...Comment se bourrer la gueule en ne buvant que du ricard...Comment gagner malhonnétement sa vie de façon honnéte....................etc etc.......dans mon blog, vous trouverez des réponses à tout vos problémes et, s'il n'y a pas de réponse c'est qu'il n'y a pas de probléme!

Bises et ciao...vous verrez demain la terre tournera encore, pourvu que ça dure!


P.S:Excusez mes fautes d'orthographe et de grammaire car j'ai été analphabéte et illettré avant de savoir lire,écrire et même compter...

Français!Tuez les tous dieu reconnaitra les siens!

Posté le 25.05.2007 par lavoixdelaphilosophienaturelle
Quand quelque chose me fait marrer, j'essaye de le faire partager avec d'autres personnes qui sont suceptibles de se marrer à leur tour des conneries que j'écris...Ecrire des conneries me défoule mais, ceux qui me cotoient tout les jours dans la vie réelle savent que je ne suis pas tellement different dans le rapport vie réelle/vie virtuelle...Enfin, ceux qui me connaissent depuis 20ans le savent LOL...Donc, pour les amis qui ne me connaissent que dans la vie réelle je vais leur mettre l'annonce que j'ai passée dans un gros site de rencontre "virtuel"...appellé Meetic...

Voilà l'annonce:
"N'insistez pas...j'ai rencontré l'ame soeur...désolé...Non je déconne, je suis en fait un psychopathe névrosé à forte tendance maniaque atteint de schizophrénie aïgue à tendance totalement délirante accompagnée de troubles compulsifs de la zézette quand elle est en position horizontale...
...ceci dit, je ne mords pas et, je suis tout à fait normal aprés avoir pris toute une boite de neuroleptiques (tranquilisants ultra fort)...
Nymphomanes et autres détraquées en tout genre ne passez pas votre chemin vous étes sur la bonne fiche!"

Bon, une nana qui va voir ce type d'annonce va se dire; lui c'est un comique, je vais bien me marrer avec lui ça va étre "fun"...C'est d'ailleur ce qu'a du se dire une "merdeuse" de 35ans en m'écrivant ceci pour prendre contact avec moi:
"Bonsoir
Jeune fille bien sous tous rapports, ayant une propension certaine à attirer de par son naturel joyeux et son zen communicatif : types chelou, obsédés sexuels, maniaco-depressifs à tendance paranoïaque, mythomanes et autres agités du bocal, souhaiterait entrer en contact avec vous...
P.S : accès au chat défaillant! pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!
A plus tard peut-être!"

Ma réponse ne se fit donc pas attendre et, trempant ma plume dans le vitriol je lui répond ceci:
"Hello...je crois que rien n'est malheureusement raisonnable! Oui, j'ai un probléme pour accéder au chat moi aussi...Hum, tu m'a l'air d'attirer que des types à problémes de mon espéce...Je vais te décevoir, je ne suis pas obsédé sexuel; je suis juste un névrosé de la chose...mais je suis trés probablement un agité du bocal, oui; il en faut des produits pour me calmer moi!...au niveau sexe ça va, je suis éjaculateur tardif au bout de 3 à 4heures; c'est même pas rigolo pour moi car ça dure trop longtemps... Il y en qui éjaculent trés vite; eh bien moi je les envie!...bon sinon, à part tout ces mauvais cotés je suis quelqu'un d'assez zen aussi, je suis tellement zen que j'ai même pas peur de mourir ni de me retrouver SDF, je me considére même à 36ans comme un retraité tellement que je me fout des choses, c'est trop facile la vie, tout est trop facile...Si ce nouveau portrait trés peu flatteur pour l'espéce humaine te convient, pourquoi ne pas rentrer en contact avec moi de façon plus directe...Tu es de montpellier, on est pas trés loin on pourrait se parler au tel puis se rencontrer si tu veux...bon, rassure toi...je ne viole jamais mes victimes la premiére fois (peut étre même tu va étre déçue!), j'attend en général quelques jours et je me pointe à l'improviste dans le parking de la victime pour faire l'acte...et ça dure longtemps vu que je suis éjaculateur tardif, tellement tardif que des fois je dois m'arréter par épuisement...Bon, sinon il m'arrive de faire des retraites spirituelles à Lourdes (je suis aussi précheur!), je crois en dieu et en la trés sainte trinité et c'est au nom de dieu que je commet mes actes...je suis en communication directe avec le tout puissant qui me parle comme si j'étais son fils...je suis en fait l'élu!, mais chut il ne faut pas le dire!...ma mére est d'ailleur comparable à la vierge marie à la différence que ma mére n'avait pas un mari charpentier et qu'elle devait faire le trotoir pour nourrir toute la famille (j'ai 10 fréres et soeurs! et tous ont fait au minimum 5ans de taule!)...remarque la prison c'est sympa pour certain car ils découvrent les bienfaits de la sodomie au sujet de la constipation.................Bref, tout celà pour dire que je suis moi aussi un gars bien sous tout rapports malgrés les 10 meurtres pédophiles d'enfants que j'ai pu perpétrer derniérement (j'espére que tu va pas me dénoncer aux flics parce que moi aussi j'ai pris gout à la sodo en prison et comme ils sont au courant, ils risquent de me mettre dans une cellule isolée!)....ciao bises...si tu veux on peut se rencontrer...et faire plus ample connaissance autour d'un...........simple perrier avec bulles! david...qui n'habite pas nimes mais la planéte mars!"


Bref, la nana qui voulait selon ses propres termes un agité du bocal a donc été servie; mais, je ne comprend pas, je n'ai eu aucune réponse à ce mail...Zut alors! je crois que je l'ai un peu intimidé...Comme quoi, beaucoup de gens parlent de choses qui les dépassent en fait, dés que celà commence à étre sérieux on se casse en courant; c'est un peu comme pour mon histoire avec le loft ou le producteur de film X..."Oulà, vous quand même ça fait beaucoup pour faire le loft ..."

Ou encore une autre nana a qui j'ai écris ceci tout d'abord aprés qu'elle m'ait envoyé un court message chat complétement débile:
"Désolé, je n'étais pas derriére mon pc quand tu a envoyé ce message chat...Hum hum, tu dis étre psychotique donc tu dois étre alors atteinte d'une psychose; quelle est donc ta psychose? C'est d'autant plus interessant que tu dis étre folle; si tu avais un peu étudié la psychiatrie de prét tu saurai que le mot folie est un non sens chez mes trés chers amis psychiatres!...tu dis aussi que le pire stade pour un humain c'est la psychose, je pense que plutot le pire stade pour un humain c'est la mort dans d'atroces souffrances...Selon ta fiche, tu parle l'hébreu et le suedois en plus du français, est ce que tu pourrais me dire ou plutot m'écrire comment on dit merci beaucoup en hébreu?...je connais 2 à 3 mots d'hébreu moderne vu que j'ai travaillé en israel plus jeune...tu fais quoi exactement dans la finance?...bises, enchanté moi aussi de faire ta connaissance...david"

Donc,cette même nana me répond ceci en me mettant dans sa black list comme celà je n'ai même pas de droit de réponse (et toc! bien envoyé!):
"pour répondre a ton mail ,,tu es gonflant et lassant ..tu poses trop de questions et tu te prends pour un autre..si tu as des amis psy ( j'en doute) , redemande la définition de psychotique...ou mytho...bon je fatigue mes doigts pour rien ..je te laisse a tes délires qui ont de bons côtés ,tant que l'on ne fait pas ta connaissance..bye et bon courage pour la suite"

Vachement rigolo tout celà, tellement rigolo que je ne peux pas m'empécher de le partager avec un maximum de monde pour que ça fasse rire...Ah!, les gens ils sont assez "peace and love", c'est des petits oiseaux des iles parfois mais, ça fait vite le canard devant l'agent de police...Enfin, heureusement que l'on a le net pour bien se marrer quand même...

Pourvu que la terre tourne encore demain...
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